L’artiste
Une expertise reconnue et des recherches approfondies pour mieux connaître la vie et l’œuvre d’Henri Rivière.
Un artiste aux multiples talents
Henri Rivière (1864–1951) est un artiste aux multiples talents, dont le parcours associe création, innovation technique et érudition. Né à Paris, il se lie dès sa jeunesse avec Paul Signac, avec lequel il partage ses premières expériences artistiques. Entré très jeune au cabaret du Chat Noir sur les conseils de son ami, il y assure le secrétariat de rédaction du journal et fait ses premiers pas dans le domaine de la gravure en réalisant ses premières eaux-fortes. Il développe surtout le théâtre d’ombres, dont ses créations et ses innovations techniques en assurent une renommée internationale. Décors, silhouettes et éclairages polychromes composent des spectacles où les paysages s’animent au rythme du récit et de la musique.
À partir de la fin des années 1880, Rivière pratique la gravure sur bois en couleurs et la photographie. Admirateur d’Hokusai et d’Hiroshige, il étudie les procédés des maîtres japonais et les adapte à ses propres compositions. Ses cadrages, ses aplats de couleurs et son attention aux variations atmosphériques font de lui l’un des principaux représentants du japonisme en France. La Bretagne, découverte en 1884 puis régulièrement parcourue, devient une source essentielle d’inspiration. À Loguivy-de-la-Mer, où il passe de nombreux étés, comme à Saint-Briac, Douarnenez ou Tréboul, il trouve dans les paysages et la vie de ce pays une source profonde d’inspiration.
Sa rencontre avec Eugène Verneau, imprimeur lithographe animé d’un idéal humaniste, marque une étape décisive. Leur collaboration permet la diffusion de grandes séries d’estampes en couleurs, accessibles à un large public. Le Beau Pays de Bretagne, La Féerie des heures, Les Paysages parisiens et les Trente-six vues de la tour Eiffel contribuent fortement à sa notoriété. Parallèlement Rivière réalise également des décors de théâtre, notamment pour la Comédie-Française et le Théâtre Libre d’André Antoine.
Collectionneur d’art extrême-oriental, Henri Rivière entretient des liens étroits avec Siegfried Bing et Tadamasa Hayashi. Son érudition et sa connaissance des collections nourrissent la publication d’ouvrages consacrés à la céramique. Également ami d’Edgar Degas, il rend hommage à son œuvre en publiant un ouvrage consacré à ses dessins.
Il contribue aussi à la connaissance des collections publiques avec Le Musée du Louvre en 1920 : dons, legs et acquisitions, publié chez Demotte en 1921.
Après la mort de son frère Jules en 1912, il accompagne son neveu Georges-Henri Rivière dans sa formation. Auprès de lui, le futur muséologue découvre le monde des collectionneurs et des érudits, et développe une attention aux objets et aux savoir-faire qui nourrira son approche muséale.
L’aquarelle occupe progressivement une place centrale dans ses dernières décennies. De la Bretagne à la Provence, en passant par la Normandie et la Savoie, Rivière poursuit son observation des paysages et de la lumière. Lorsque sa vue ne lui permet plus de peindre, il rassemble ses souvenirs dans Le Détour du chemin, témoignage de sa vie et du monde artistique qu’il a fréquenté.

